Lors d’un webinaire : réalité et perspectives pour les sinistrés du séisme du Haut Atlas — la Coalition civile pour la montagne remet le sujet sur le devant de la scène
Près d’un an s’est écoulé depuis le séisme d’Al Haouz, et les destructions sont encore bien visibles aujourd’hui. Nombreux sont ceux qui se trouvent dans l’incapacité de regagner leurs habitations détruites ou lézardées, tandis que d’autres ont été contraints de migrer vers d’autres régions. Les séquelles de cette catastrophe naturelle restent profondément présentes dans les zones montagneuses sinistrées : beaucoup souffrent du manque de logements et de services de base, les infrastructures ont subi des dommages considérables, et la région fait face à d’immenses défis en matière de reconstruction et de développement.
Dans ce contexte, la Coalition civile pour la montagne a organisé un webinaire afin de mettre en lumière la réalité de la situation et les perspectives sur les plans humanitaire, social et développemental dans ces régions.
Ce deuxième webinaire, animé par le professeur Aziz Eddich, a réuni la participation de Saïd Baâziz, parlementaire et président de la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme, du professeur Oubaida, président d’une collectivité territoriale dans la province d’Al Haouz et enseignant spécialisé en études sociologiques, ainsi que de Mohammed Belhi, journaliste et acteur du développement.
Dans le premier axe, les intervenants ont unanimement convenu que la situation actuelle — tant humaine que spatiale — dans les régions montagneuses touchées par le séisme du 8 septembre 2023 est extrêmement difficile. Les populations qui continuent de vivre sous des tentes et dans des abris en plastique font face à de nombreux problèmes sanitaires et sociaux, dans un contexte de blocage du processus de relogement et de reconstruction des habitations. Ceux qui ont été acceptés par les commissions de recensement attendent une issue, tandis que les exclus font face à un avenir incertain.
Quant au deuxième axe, consacré aux efforts de la société civile et des collectivités territoriales, la société civile apparaît comme une lueur d’espoir, grâce aux rôles qu’elle a assumés avec la coordination et le soutien de donateurs et d’organisations nationales et internationales, ce qui a contribué à alléger les souffrances des populations sinistrées au lendemain de la catastrophe. Les collectivités territoriales, elles, se limitent à un rôle de coordination et à la délivrance de quelques autorisations et attestations. Quant au gouvernement, son plan de reconstruction est marqué par la lenteur et l’inefficacité, et les chiffres officiels qu’il avance ne reflètent pas la réalité selon plusieurs intervenants au webinaire, dans l’attente de l’achèvement des procédures juridiques et législatives relatives à l’Agence pour le développement du Haut Atlas.
Tout cela alors que la première année touche à sa fin sans que les souffrances et les épreuves des sinistrés dans les régions montagneuses ne s’estompent, ce qui soulève la problématique de l’arrêt de l’aide mensuelle fixée à 2 500 dirhams, malgré la persistance de l’hébergement des sinistrés sous des tentes et dans des abris en plastique, avec tout ce que cela implique comme souffrances et risques sanitaires et psychologiques.
En conclusion, la question de la transparence et de la reddition des comptes a été soulevée dans son lien avec la responsabilité qui incombe à ceux à qui a été confiée la gestion de cette crise, accompagnée d’un ensemble de propositions et de recommandations visant à rendre justice aux sinistrés et à préserver leur dignité, tout en sauvegardant leur culture et leurs traditions, conformément aux orientations du communiqué du Cabinet Royal.
Faisons de ce moment historique, dont les contours ont été tracés par le Discours Royal, un tournant vers une réconciliation nationale globale qui rende sa dignité aux espaces fragiles et ouvre un nouvel horizon vers un Maroc d’égalité, de justice et de confiance.
Au nom de la Coalition civile pour la montagne Le Coordinateur national : Mohammed Eddich
